Le chemin de Louis

 

 

 

Sur le chemin de Saint Jacques de Compostelle

 

Alors, raconte !

 

Au retour, on s’interroge sur l’apport et le sens de ce périple de plus de 1500 km en quelque soixante étapes sur deux périodes !

Parti en mai 2012, du Puy-en-Velay jusque Saint-Jean-Pied-de-Port et en mai 2014, de Saint-Jean-Pied-de-Port à Santiago.

Faut-il mettre en avant ces questions récurrentes et répétitives sur les préparatifs, les difficultés des étapes, le soleil et la pluie, le

poids du sac, l’hébergement, le nombre d’ampoules et autres séquelles comptabilisées au terme du voyage ?

Bien sûr, j’ai toujours répondu, avec quelquefois un brin d’orgueil ou de fausse modestie, pour rassurer et encourager mes amis à

vivre cette expérience…

 

Mais l’essentiel, ce qui touche à l’intime et à l’indicible et qui semble plus difficile à révéler, doit, je crois, se distiller avec humilité et

discrétion comme une confession.

 Je me suis souvent posé la question de partager cet intime, cette alchimie du corps et de l’esprit, ces rencontres, ces échanges, en un

mot, cette communion permanente sur ce chemin mythique.

Dans les pas de milliers de Pèlerins, et depuis près de mille ans, dans les pas de Saint Benoît Labre (notre saint artésien), appelé entre

autres le « Vagabond de Dieu », qui, de Saint-Bertrand de Comminges, aurait rejoint Barcelone, Burgos, pour atteindre Saint-Jacques,

en 1774 ; ce chemin qui aspire et prépare à une dimension spirituelle, appelé autrement « l’esprit de chemin » ; où l’on devient de plus

en plus sensible et réceptif au fil des étapes ; où l’on se familiarise avec un certain dépouillement : un sac, un bâton, un prénom ; et ce

détachement de la société de consommation nous fait nous rapprocher des autres et ainsi nous révèle l’essentiel.

  

On redonne un sens à sa vie dans un besoin d’humanité, dans une quête d’absolu. 

Alors l’activité qui accompagne la pensée devient la marche, elle-même devenant secondaire (surtout quand les « endorphines » s’en

chargent)  et  l’on  devient  plus  sensible  aux  autres  et  à  la  nature,  on  marche  solitaire,  on  marche  solidaire  dans  une  fraternité

omniprésente.

Mais alors, qu’est-ce que tu cherches ? Qu’est-ce que tu fuis ? Et quelles fautes es-tu venu expier ?

A chacun ses questions, à chacun ses réponses !

Au fil des jours, pendant que le corps respire, souffle ou s’essouffle, l’esprit s’éclaire, les doutes s’effacent ou plutôt s’estompent, la foi

s’affirme dans un besoin de fraternité et de partage. Alors la sérénité apparaît, une paix intérieure s’installe et l’allégresse se diffuse.

Oui, ce chemin est une thérapie, pour le corps et pour l’esprit.

 

Alors,  vieux  frère :  Lâche  la  bride,  et  viens ! Laisse  une  part  au  rêve ; même  si  ce  rêve  n’est  qu’une  parenthèse  dans  un  moment

d’éternité sur le chemin de Saint-Jacques.

 

Ainsi tu ne deviendras qu’un pèlerin ordinaire sur un chemin extraordinaire.

 

                                                                                             Louis de Le Vallée 

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